Les textes du Kak’EM 2011

EM : Bienvenue en vol de luxe ! – Benjamin H.

C’est une bonne situation, ça, stagiaire ? – Clément M.

Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue. – Léo S.

C’est une bonne situation ça stagiaire ? – Charles C. & Guillaume L.

C’est une bonne situation, ça, stagiaire ? – Ingrid B.

La SAINT VALENTIN – Jérémy B.

Les Français ont-ils vraiment la parole ? – Louis T.

La campagne : on récolte ce que l’on sème – Les Ovairgines
Amour, gloire et lister – Les Rouxskignols
L’art de vivre à la campagne. – Les Yellow SubmARTin

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EM : Bienvenue en vol de luxe !

Etre accueilli dans l’enceinte majestueuse de l’EM, c’est comme être accueilli dans un  vol de luxe très prisé : on y croise de splendides demoiselles, et cela coûte un prix exorbitant. Point de low cost à l’EM, pas pour s’acquitter de son droit d’entrée en tout cas (allez dire ça a mon prêt étudiant) et où même le « vol », j’entends par là larcin, est luxueux (aller dire ça à mon I-phone subtilisé par un pipo en pleine campagne). L’EM en est elle pour autant un vol de luxe ?

Retournons à l’essence même de l’EM. L’Ecole de Management Lyon Business School, les linguistes les plus érudits l’auront compris, est doublement une école de commerce. Quelle autre institution peut  se prévaloir d’être doublement une Business School ? Aucune.

L’EM offre à quiconque a des yeux pour le voir, son étalage de richesses académiques et la somptuosité de son classement. 5e au Financial Times, quelle magnificence ! Attention néanmoins que votre souris de PC portable dernière génération ne s’égare sur la colonne « salaire à la sortie » de peur de ne voir apparaître un trompeur « 23e ». Mais l’EM laisse miroiter bien plus qu’un classement scintillant. L’EM nous ouvre… les imposantes portes du monde. The world is yours, young entrepreneur for the world:  un triple campus… L’exotisme en plus de l’excellence. Accuser l’EM de délocaliser ses services dans un pays à bas coûts ou encore de jouer les évadés fiscaux à Genève, sous prétexte d’offrir une qualité d’enseignement mondial à ses étudiants ? Calomnie ! De toute façon, même internationale, L’EM sera toujours étiquetée du label Rouge/Qualité France. L’Elitisme à la française. Située à Lyon, la capitale des gaules,  et non pas à Ecully comme auraient voulu le faire croire des persifleurs, l’EM se distingue de ses voisines du dessus qui « jouyssent » d’un statut Parisien usurpé, et où il y a bel et bien des vaches pour porter le label Rouge/Qualité France. Loin des filouteries de ses concurrentes, l’EM brille par son authenticité, sa classe.

Ainsi, en tant que vol de luxe, l’EM se doit de séduire par sa prodigalité, et investit sans compter dans les NTICs. Les EMliens qui y embarquent sont dorénavant sauvés du « i » (« inutile ») de s«I»gal, et désormais équipée de l’ « i » (« innovant ») d’ « I »-campus. C’est donc sans surprise aussi, que l’EM offre de l’inédit et du sophistiqué : des AST. Non pas des admis sans travailler, comme le disent les plus perfides détracteurs, mais d’authentiques AST’ec. L’EM nous conduit vers les seules terres où l’on peut encore côtoyer ce peuple mythique.

Qui douterait  après tout cela que l’EM n’est pas un vol de luxe ? Et que pas un seul ne s’avise d’affirmer que personne ne se paye le luxe de se payer votre tête comme l’EM …

Benjamin H.

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C’est une bonne situation, ça, stagiaire ? 

Mondialisation de l’économie, ouverture des frontières, dérégulation croissante, ce 21e siècle a  semble t-il ouvert un horizon infini aux stagiaires qui n’hésitent plus à pousser les portes des grandes multinationales mondiales du monde. Car l’objectif est bien là, pénétrer dans l’enceinte  d’un géant de l’Industrie Cinématographique, d’un pionnier des Télécommunications, d’un mastodonte du Conseil, d’un colosse de la Finance, afin non pas de tirer profit du savoir et des compétences de ces grands du Business, mais bien de pouvoir taper sur votre clavier cette date et ses quelques lignes de description qui feront de votre Curriculum Vitae un outil d’embauche remarquablement efficace. Trompe l’œil manifeste, le stagiaire est de part sa situation même d’employé éphémère une ombre qui, gisant la tête basse, ère dans des lieux peu éclairés tels que celui de la machine à café. Vous, futurs stagiaires et apprentis spectres de bureaux, vous dîtes surement « que d’élucubrations venant d’un stagiaire frustré dont le sarcasme est inversement proportionnel à la charge de travail qui lui est donnée »,   et c’est bien là votre tord. Premièrement, parce que l’exception confirmant toujours la règle, je fais partis de ce petit nombre de privilégiés ayant un stage à la pointe de l’enrichissement professionnel et personnel. Deuxièmement, parce que plus vite tu accepteras cette condition de farfadet qui sera bientôt tienne,  mieux tu réagiras lorsqu’il te faudra aller et venir à la photocopieuse qui, soit dit en passant, deviendra ton interlocuteur privilégié, si ce n’est même ton collègue le plus à l’écoute. Mais finalement, j’attesterai que la question initiale n’a que très peu d’intérêt, car, comme on ne se demande pas si préparationnaire c’est une bonne situation ou non, il convient parfois de ne pas s’arrêter à ce qui ne constitue pas une fin en soi. Stagiaire, ce n’est peut être pas la meilleure situation mais l’heure de faire les comptes n’est pas arrivée…

Clément M.

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Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue.

 Je n’ai jamais fait de scandale. J’ai ne veux pas créer des problèmes. Quand il y a quelque chose qui ne me plait pas, je m’écrase, je me tais. Je suis un lâche. Je perd vites mes couilles quoi. En fait, je n’en ai pas. J’évite le conflit. Je ne dis jamais ce que je pense, je pense jamais ce que je dis. Le courage? Ce mot ne me dit rien. J’ai peur des autres et de leur opinions.  Je n’aime pas choqué car je ne veux pas qu’on parle de moi: je me confonds dans la foule ; mon absence se confond avec ma transparence: en fait, je suis banal. Anti héros par nature, j’évite la polémique, le scandale.

Hier soir, en rentrant chez moi, ma femme m’a menotté sur une chaise en m’obligeant à la regarder en train de s’envoyer en l’air avec mon meilleur ami. Ses cries berçaient ma tristesse. Pourtant, je n’ai rien dit. Le lendemain, j’ai assisté au meme spectacle: c’était presque jouissif de souffrir en périssant sur ma chaise. C’est plus facile. Je ne veux pas faire de scandale: sinon, ma femme m’aurait quitté. En fait, c’est mon silence qui est scandaleux.

Pendant la seconde guerre mondiale, j’ai dénoncé des juifs: c’était sans doute plus facile comme cela. Je collabore toujours avec les meilleurs, les plus forts. Je ne veux pas faire d’histoire.

Mais vous savez, toutes ces histoires me semblent aujourd’hui normal. Je vous scandalise ? Moi, je me suis habitué.

Léo S.

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C’est une bonne situation ça stagiaire ?

Parlons tout de suite situation. Tes parents ont une bonne situation. Papa t’a trouvé un stage chez un ancien collège à lui dans le très prestigieux centre de recherche de chez l’Oréal à la Défence, sans que tu n’ais eu à lever le petit doigt, alors que d’autres ont préféré partir à l’étranger. Certaines n’ont pas eu à lever le petit doigt, mais leur jupe. Comme ce fut le cas de Piroska Nagy, stagiaire prise sous l’aile B chez DSK au FMI.

C’est le début du moi de juillet, les oiseaux chantent, les vieux crèvent, et les jeunes se rendent à leurs premiers jours de stage. Tu te rends d’ailleurs vite compte que tu es mal situé. La péripatéticienne qui se flagelle devant toi à l’endroit que tu pensais être le 22 rue de Clichy est néanmoins là pour te faire comprendre que ton stage se passe RUE de Clichy (à Puteau) et non Avenue de Clichy (dans le 19ième). Conclusion : premier retard. Une habitude que tu vas vite prendre puisque ta situation te le permet. Après tout qui voudrait te sermonner en te disant que cette arrogance l’offense.

Comme tu ne sais pas encore si être stagiaire est une bonne ou mauvaise situation, mais que tu te souviens qu’Edouard Baer dans Astérix et Obélix, mission Cléopâtre, a dit que « la vie est avant tout faite de rencontre ». Tu tends ton bras, un peu à l’étroit dans ton premier costume, pour saluer l’ami de ton géniteur. Celui-ci, disposant apparemment de temps, te propose d’aller parler du match d’hier soir à la cafet’. Avis du chef de recherche-innovation : « Franchement, insulter Domenech de ‘sale fils de pute’, c’est terrible. Personne ne peut croire que ça mère arrive à faire lever les foules quand lui, ne sais même pas faire descendre les joueurs du bus ». On t’emmène dans ton bureau perso avec ordinateur et la clim. Tes deux passe-temps pour le mois à venir. Un deuxième café. Un Troisième, et tu pense à te mettre au boulot.

À la fin de ton stage, les capsules Nespresso n’ont plus aucun secret pour toi. Tu as réussi à associer à une couleur de capsule un nom italien et un poste de l’entreprise : Roma, vert, pour Stéphane, l’expert comptable. Voluptuoso, doré, pour la pulpeuse Véronique, responsable expediting.

Le gros problème c’est quand Nespresso lance des éditions limitées. En effet, le Kazaar, force 12, mélange subtil de deux Robustas et d’un Arabica, a la même couleur rouge argenté que le decaffeinato, force 1, mélange douteux d’Arabica et d’Aloe Vera (voix de publicité). Te croyants invincible dans le service express de ces boissons amères et excitantes nécessaires aux cadres collés du mur à la Défense, tu ne regarde même pas le nom derrière la capsule. Là ; Malheur ! Gilberte, doyenne de l’entreprise, secrétaire passée de la machine à écrire à l’ADSL 257k et au pacemaker, n’a pas supporté le choc. En effet, le Kazzar, spécialement conçu pour Jean Luc de La Rue, qui en consommait pour 10.000 Euros/mois, a eu raison de la fragilité de Gilberte.

Enfin passons, il y a plus grave lors du stage. Comme le rapport de stage. Enfin n’y pensons pas déjà, tu as le temps te dis tu.

Au fur et à mesure que les capsules glissent de tes doigts humides à la machine puis à la poubelle, tu pense à « Roberto », le cueilleur de café, lui qui n’a jamais eu la chance de faire de stage (voix délosée). Quoique, agrippant une capsule édition limitée de « Chileno », tu pense à « Pablo » parti faire sa mission « whatfor ? » chez San Esteban, propriétaire de la mine d’or et de cuivre de San José où lui et 32 autres mineurs sont piégés sous terre. Un instant, tu l’envie, en pensant au rapport de stage qu’il ne peut pas écrire, aux cafés qu’il ne peut pas servir, …

Enfin, après tant de divagations, tu te rappelle que tes potes t’attendent sur facebook que tu as laissé ouvert sur ton ordinateur de fonction. Tu tends à Jean-Luc, responsable exportations, son « Chileno » brûlant, et là essayant de faire de l’humour tu ose la blagounette et lui lance un petit « what else ?» (voix de George Clooney). Serge te réplique alors dans un anglais digne de Sir Lord Collins-Harraps (avec un accent posh) : « Yes, here are the files, you can go to the … the … photocopieuse» (avec le French accent). Raté !

La salle photocopieuse deviendra pour toi le pire endroit du stage. La cafet’ dans l’obscurité, la machine à café à 60 pages par secondes, la terrasse sans la cigarette.

En un mois, tu as réussi à parler à un biochimiste moléculaire, un coloriste, une standardiste pendant que tes amis en mission bachelor étaient à Cancun avec des bomba latina et des plagistes. De retour tu penses à ton rapport de stage et te demande « Qu’est ce que je vais pouvoir raconter ? ». Vraiment, après un 5/20, tu te dis que stagiaire fut une mauvaise situation pour toi.

Charles C. & Guillaume L.

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C’est une bonne situation,  ça, stagiaire ?

Notre père qui êtes aux cieux, restez-y car vous n’allez pas aimer ce qui va suivre. Je me confesse, je suis celle qui tire profit de l’innocence des stagiaires de France et de Navarre.

Voici mon histoire : Après avoir épuisé les rallyes parisiens tant courus et chevauché les gradins du Hippodrome de Longchamp à la recherche d’un bel étalon, je me suis retrouvée déchue dans une modeste province. Et ce n’est que parce que je ne suis pas parvenu à trouver l’élu de ma raison et de mon compte en banque que j’ai dû envisager de vous regarder, vous, petits étudiants, épiciers en devenir. Sachez que ce n’est que par désespoir que je jette mon dévolu sur les couloirs d’EMLYON Business School. Mais comprenez-moi, je dois faire face à un BFE croissant que même mon déhanché lascif ne permet plus de couvrir.

Me reconnaissez-vous ?

Je suis Ingrid et Joséphine, la version féminine de Dr Jekyll et Mr Hyde. Cette mante religieuse et dévoyée dont vous rêvez sans cesse. Vous imaginez la courbure de mes reins pendant vos courts ébats avec votre copine. Marie – cette inconnue au prénom si commun – est certes jolie mais vous le savez, elle ne m’arrivera jamais aux talons aiguilles. A EMLYON, il y a les filles et il y a la femme. Les filles composent le décor et se chargent de la figuration pendant que j’interprète le rôle d’une vie. C’est bien pour cela qu’elles se sentent menacées, et qu’elles admirent – contre leur gré – Mon style, Mon élégance et Ma grâce Kellysienne. Elles ne se l’avoueront jamais de peur de ne pas pouvoir y survivre.  Quant aux jeunes hommes que vous êtes, Joséphine évoque pour vous la Maman et Ingrid la Putain. Vous respectez Joséphine en fantasmant sur Ingrid. Mais l’une et l’autre vous méprisent. Je vous méprise et vous aimez ça. A tel point que le moment venu, vous ferez tout ce que je vous dirai. Car au jeu de l’amour arrangé comme à la chasse, le tempo est fondamental. L’instant de la capture détermine la qualité de la prise. Il s’agit ici de kaïros, d’instant opportun. C’est comme si le goût du sanglier dépendait de l’heure à laquelle il aurait été attrapé. Croyez-moi, si ce n’est pas vrai pour les sangliers, ça l’est pour les hommes : A son entrée à l’école des entrepreneurs, même le meilleur parti Bachelor est comme le fruit suspendu, entre le vert puéril et le rouge déchaîné. Entre la cuite vomitive de l’OB et l’élégance feinte au HH Champagne. Il ne mérite donc que condescendance. Cependant, si l’on affirme que le Bachelor doit encore mûrir au soleil de la vie, il faut s’empresser d’ajouter que le Dino s’y est déjà brûlé les ailes. Pusillanime et trop confiant, cette espèce condamnée à disparaître a tout le mal du monde à s’imaginer quitter les jupons tant aimés de Gudrun et de Dominique. Qu’en conclure alors ? A EMLYON, c’est soit trop tard soit trop tôt ?

Rassurez-vous, c’est là que le stage entre en scène. C’est le moment idéal, l’éclipse solaire tant attendue, la marée haute sur les côtes bretonnes,  peut être mieux que les soldes privées chez Chanel. Le stage est le moment où un bon parti apparaît sous son plus beau profil. Fier et encostumé, il a l’illusion d’être devenu « comme papa ». Il croit qu’être stagiaire est la meilleure situation au monde. Un salaire symbolique (au mieux 2500 € par mois, une moitié de robe YSL rive gauche), une cravate en soie noire et un costume trois pièces, lui donnent l’impression d’être devenu un homme. Cette illusion est mon fond de commerce. Je la berce et la renforce. Lorsqu’il aperçoit Joséphine dans sa jupe crayon et ses Richelieu pourpres à l’Afterwork rue Lafayette, elle lui évoque sa mère il y a trente ans. Et le voilà qui s’imagine déjà, rentrant de la salle des marchés d’HSBC, Boulevard des Capucines, dans notre appartement décoré avec goût, de chaises Knoll et d’un Basquiat, il l’a voit lui servir à dîner dans notre salle à manger, chercher nos enfants à Janson de Sailly et lui raconter ma dispute avec la femme de ménage. Vient alors l’heure de lui présenter Ingrid. Ma douceur laisse place à mes gestes félins et à mes épaules dénudées. Le voilà qui est à genoux, qui tente de résister mais son cœur se débat et succombe pendant que sa raison abdique. Ces sens perdent pied et  je le sens prêt à toutes les folies. Quant à moi, je pense déjà à la robe en mousseline bleue pétrole aperçue au Bon Marché qu’il m’offrira en fin de semaine.

Le stage est donc une sublime illusion, la transition ultime du garçon à l’homme. Mes victimes ne se trompent donc pas : être en stage est la meilleure situation au monde. Mais contrairement à ce qu’ils imaginent, c’est Ingrid et Joséphine qui s’en délectent le plus.

Ingrid B.

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La SAINT VALENTIN

Ce matin, je suis anxieux. Ma bouche est sèche. J’ai oublié un truc…un truc important. Je regarde le calendrier. 14 février. Cette date ne me parle pas. Aucune alerte facebook. Je descends dans la rue et croise des commerçants habillés en rouge avec un cœur en carton sur le tablier. Prise de conscience. Je fonce dans un magasin pour acheter une peluche. Arrivé à la caisse, cupidon se paye ma tête. Il est en poil de licorne votre ours ? Hors de question, je l’emmènerai au restaurant. Mauvaise pioche ! Cinquante euros le menu spécial st Valentin unique de surcroit. Mon banquier avale un cachet de Cyanure. C’est pas donné d’être en couple. En plus, tout est complet et réservé. Un diner aux chandelles chez Quick ? Un peu limite quand même. Dire que dans la Rome antique, on sacrifiait une chèvre, on buvait un coup et on courrait nu en tripotant les passantes. Comme d’habitude, C’était mieux avant. Des fleurs. Comment n’y ai-je pas pensé ? Simple, efficace et pas trop cher. Le billet doux dans toute sa splendeur. Rose blanche candide ou rouge passion ? Rose jaune infidèle ou pourpre nostalgique ? Les fleurs parlent, on en apprend tous les jours. Trop compliquées ces conneries. Je vais lui acheter des chocolats. Mais, je la vois déjà me dire qu’elle prend du poids à cause de moi. Elle va me gonfler. Je le sens. C’est quand même beaucoup de pression pour un lundi. Je décide de mettre les petits plats dans les grands. Je casse la tirelire et lui offre un bijou. Foutu pour foutu, autant marquer le coup. Je lui prépare un bon repas maison… enfin picard mais c’est l’intention qui compte. Elle arrive. Elle m’embrasse. Elle sourit. Elle s’installe. Et là, elle m’offre une pauvre carte de vœux qui ne clignote même pas. Pour moi, la st Valentin, c’est ni roses, ni chocolats, ni cyanure. L’année prochaine, la st Valentin, c’est célibat.

Jérémy B.

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Les français ont-ils vraiment la parole ?

Comme à toute personne équilibrée, la première réaction qui me vient par rapport à cette question, c’est «Pourquoi  les Français devraient ils avoir la parole ?! ». D’ailleurs, ils la prennent dans la rue quand on ne la leur donne pas, puis s’abstiennent de voter lorsqu’il le faut ! Je pense que l’on peut voir la France comme un pays trop vite vieilli qui a manqué sa crise d’adolescence et se rattrape aujourd’hui. Cela se manifeste par des vociférations dissonantes, un rejet de son identité et des autres, et enfin un besoin de tester les limites (l’autorité lui donne des boutons). Son surmoi la convainc des bienfaits de la démocratie tandis que son moi intime la pousse inconsciemment à l’anarchie. Ceci explique la névrose existentielle qui la consume à petit feu.

Ainsi donc, le français type ne comprend rien des rouages tant économiques que sociopolitiques, son esprit est rempli de ces fausses évidences qui prédominent l’esprit du vulgaire, il se laisse berner par la rhétorique de ses élus, il est la risée de ses homologues européens, les entreprises n’ont cure de ses frondes gentillettes : tel l’adolescent qu’il est, c’est le pigeon idéal. Pour autant, dans l’optique de son épanouissement personnel, qui songerait à le faire taire ? De même qu’au ski, il doit faire ses propres expériences, tomber pour mieux se relever après (ou pas).

Fondamentalement, les français ne veulent plus de Sarko, alors pourquoi le leur imposer ? On pourrait même le chatouiller jusqu’à ce que mort s’ensuive ! L’argent, c’est sale. Eh bien supprimons le, on passe au Chuck Norris comme unité monétaire. Ensuite, on prend la retraite à trente ans (on commence à bosser à 40), on travaille 10h par semaine au prix de 50 (c’est bibi qui régale), on supprime l’école, qui crée des inégalités scandaleuses, et on torture tous les grands patrons, parce que de toute manière, c’est des salauds !

Et l’on voudrait museler ce torrent de sagesse ?! Continuons comme ça et la France n’atteindra jamais la dernière place mondiale à laquelle elle aspire. N’écoutons pas les français, et dans dix ans, on ne sera peut être par encore tous ruinés ! Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Il convient d’y réfléchir à deux fois. Pour l’heure, nous filons droit au casse pipe.

La parole aux français ! i Viva la libertad !, le grand soir est proche. Vive la république, et vive la France.

Louis T.

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Ceux qui croient que le pouvoir est amusant, confondent « pouvoir » et « abus de pouvoir » (André Malraux)

Accusé Malraux, levez-vous. Les griefs retenus contre vous sont énoncés comme suit : Par la collusion malheureuse que vous avez contribué à promouvoir entre œuvre intellectuelle et inélégants calculs politiques ; par la prostitution idéologique de la littérature au service d’un système politicien ;et enfin par l’indéniable négation du travail d’éclaireur objectif des consciences accolé à celui de Clerc, vous avez été l’impétrant fer de lance de la théâtralisation attristante d’un régime politique, d’une part essoufflée par la courtisanerie, et d’autre part, aspirée par la déification mortifère d’un homme, qui quoiqu’unique, n’en fut pas moins terriblement humain. De cet abus de pouvoir de l’intellectuel, tout sauf « amusant », vous avez été le héraut.

La religiosité bêtifiante, les courbettes de grand Mamamouchi,  l’esprit de Cour, la personnification déifiée d’un individu, désespérément homme, voila les irréparables poisons que vous infusés à la Vème république. En mettant votre intellectualité reconnue et admirable dans les bagages superfétatoires de l’animal politique, vous avez ressuscité la divine monarchie, et engendré de toutes pièces les courbettes républicaines. L’impasse politique que traverse notre nation depuis 50 ans vous est fortement imputable, en vertu de la confusion des genres insufflés. La trivialité du sacrifice de votre œuvre littéraire trouve aujourd’hui sa continuité dans l’incapacité du politique à se souvenir humain, se plaisant prosaïquement à croire qu’il eut été appelé par les Cieux à une destinée transcendante.

Ainsi, la mégalomanie transpirante du régime politique depuis un demi-siècle n’est que la plus logique émanation de la consécration idolâtre à laquelle vous vous êtes adonné de manière irraisonnée.

Alors que le pouvoir est destiné à être exercé sereinement, parfois même avec amusement bienveillant car désintéressé, vous l’avez dramatiquement solennisé. Et c’est de solennité que le pouvoir se meurt, entrainant son peuple dans sa mortelle chute.

Certes non, l’abus de pouvoir n’est pas amusant, preuve en est, l’abus perpétré par votre pouvoir d’Intellectuel sacrifié au service de la temporalité d’un système politique est la pire des fautes. En vous oubliant ainsi, vous avez omis que le pouvoir était amusant car humain et l’abus terrifiant car sous-humain. De cette inversion vous êtes l’historique coupable.

Sur ces motifs, la Cour statue : En vertu des fautes énoncées en supra, vous êtes déclaré coupable de trahison d’Intellectuel et condamné à l’oubli à perpétuité sur les fondements de la jurisprudence Aragon-Céline des intellectuels idéologues.

La séance est levée.

Hugues L.

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Les français ont-ils vraiment la parole ?

12 février. Valentin attendra 2 jours, aujourd’hui c’est sa sainteté Etienne qui est prioritaire. Ce soir Gérard le stéphanois vole la vedette à Cupidon,  la bouteille de champagne est troquée contre un hot-dog bien gras et le chaudron bouillonnant Geoffroy Guichard expulse le sensuel  lit à baldaquin. Mon collègue Matthieu a en effet réussi à dénicher deux places pour le derby ASSE-OL : « le genre de truc qu’il faut faire au moins une fois dans sa vie, un peu comme frapper à la porte d’un bar à champagne en se faisant passer pour un testeur du petit paumé » m’a-t-il soutenu. La comparaison me laisse perplexe, mais la perspective de me trouver infiltré dans les tranchées verdâtres vociférantes est trop tentante.

Dans l’enfer vert, je ne suis pas déçu du voyage. Odeur de graillon et de sueur, jet de bière et mégaphone, c’est un peu comme une ambiance de campagne à l’EM, sauf que tout le monde a le même polo. Les slogans fusent, divers et variés : « Lloris enc*** ! » «  Aulas enc*** ! » Gomis enc*** ! »… tant de discours à la rhétorique imbattable, qu’un jury de verbat’EM ne saurait que récompenser. 35 000 gueules béantes répètent le même couplet pendant 90 minutes. Oui les français ont vraiment la parole. Mais heureusement qu’ils ne la joignent pas aux actes, sinon les joueurs de l’OL auraient très mal au fondement;

Antoine L.

C’est une bonne situation, ça stagiaire ?

Quoi de mieux que la mission Bachelor pour répondre à cette question ? Sécurité de l’emploi, rémunération assurée, responsabilités limitées au nombre de sucres à mettre dans le café du patron et au positionnement de la cuillère…une belle situation me direz-vous. C’était sans tenir compte de la révolution qui a éclaté dans le monde des stagiaires. Nous évoluons désormais dans un monde de stages que nous qualifierons de next-gen. Ces derniers sont composés en majeure partie de faux semblants. En effet, nous ne faisons plus le café mais de la gestion de productivité des ressources humaines. Nous ne prenons pas des photos des produits destinés au e-commerce mais nous faisons de la production de matériel marketing. Nous ne faisons pas de l’archivage mais de l’optimisation de capacités productives. Tout est pensé pour nous donner l’impression de produire alors que les seules choses que nous produisons vraiment sont des commentaires sur facebook.  Cependant, gratifié de cet enseignement, le stagiaire n’a plus besoin d’être payé. Le stagiaire next-gen se nourrit de l’expérience acquise dans l’entreprise. Bon appétit. C’est pourquoi l’alimentation du stagiaire tire sa richesse du choix entre beurre et sauce tomate bon marchée qui agrémente sa plâtrée de spaghetti quotidienne. Sans vouloir la jouer marxiste, nous pouvons dire que le stagiaire next-gen a tout l’air d’un prolétaire sauf que la cafetière nespresso a remplacée la chaîne de production. Le plus amusant ici est que même la sécurité de l’emploi n’est plus garantie. Le plus triste ici est que, malgré tout ce qui a été dit et que vous savez pertinemment, vous vous battrez bec et ongles pour le conserver. Ne vous méprenez pas, le stagiaire next-gen n’est pas stupide, il est aliéné. C’est un scandale ! Que dis-je, c’est un sacrilège ! Stagiaires de tous les pays unissez-vous ! Brisez vos chaînes et partez à l’aventure ! Ne subissez plus la tyrannie de la validation envers et contre tout ! Fuyez ! Sur ce, on se voit en janvier…je dois aller bosser.

Jérémy B.

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La campagne : on récolte ce que l’on sème.

L’EM ne serait rien sans sa campagne, ses vastes prairies où les jeunes bachelors paissent paisiblement sous l’œil plutôt bienveillant de l’administration. Mais la campagne éculloise est bien plus sauvage qu’il n’y paraît, chaque nouvelle année qui passe et la voilà changée à jamais par une horde de pipos et pipettes déchaînés qui viennent faire oublier aux troupeaux le sens du mot repos. Les épreuves se succèdent afin de sélectionner les plus braves et les plus méritants d’entre eux.

Chaque liste de bétail croit alors être en capacité de réussir à passer tous les défis avec aisance mais leurs pipettes et pipos sont seuls juges et cette prétention se retournera alors contre les listeux. L’humilité devrait être la qualité élémentaire de chacun d’entre eux, tous ceux qui y dérogent devront en payer le châtiment lors des différents croutages que la ferme emlyenne leur réserve ou en seront de leurs frais lors des résultats finaux.

Après y avoir semé des aubergines et laissé quelques serviettes hygiéniques dans la bataille, le troupeau des Ovairgines est prêt à se mettre en marche et à déterrer la hache de guerre pour récolter une place au panthéon de la campagne.

Les Ovairgines

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Amour, gloire et lister

 Si l’amour appartient (pour la majorité) au domaine du possible, et que la gloire est pour nous, étudiants de l’élite (sic) à portée de main, il n’en est pas de même quand à cette étrange activité qui consiste à lister.  Quel rapport, me direz vous, et là je vous arrête tout de suite: participer à cette campagne, n’est-ce finalement pas récolter de l’amour, beaucoup, celui de toute une promo même? et tout cela dans quel but? Mais la gloire, mon colonel!

Amour, gloire et lister, donc, et il est vrai qu’en temps de campagne Notre chère Ecully Beach prend des airs de Beverly Hills: Paillettes à foison, flash, glamour, en somme un seul mot d’ordre: en mettre plein la vue, au travers de ripailles pantagruéliques, d’alcoolisation à la bière tiède et de noyades sous les (non) évènements joker, piécettes et autres avalanches de Goodies. Un clientélisme à la sauce gaufre-Nutella, en somme.

Quand on me demande si je regarde des séries, je réponds que ma télé à moi, c’est ici. Tous les ingrédients sont réunis: guerre de clans, coups bas, fausses rumeurs, bruits de couloirs graveleux, jusqu’aux psychodrames que représentent les croutages, l’attribution des salles et enfin les résultats finaux. Il s’agit d’avoir les reins solides quand on s’appelle Brandon et qu’on apprend que Jenny de la liste concurrente, qu’on convoite secrètement, refuse catégoriquement de poser ses yeux sur un concurrent, quel qu’il soit. S’en suivent des plans machiavéliques qui n’ont rien à envier aux dessous de Palm Beach et qui font saliver des promos entières nourries à coup de Vidéos L2M et de panneaux en espace cafet’.

Alors dites au revoir à plus belle la vie, effacer de votre mémoire Hélène et les garçons: le vrai spectacle est devant vous.

Les Roux’ski’gnôls 

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L’art de vivre à la campagne.

Ah la campagne : de grands espaces, de l’air frais, de la verdure et puis des animaux.

La campagne, c’est un retour aux sources, de la bonne nourriture préparée avec amour et à profusion. C’est aussi un retour aux traditions, aux grands repas de famille. L’occasion de renouer avec la faune et la flore. Cueillette de glands, de noisettes et d’aubergines dans le jardin. L’occasion également de prendre soin des animaux dans la grande ferme. D’abord les poules, de plus en plus méfiantes depuis que des violeurs rôdent. Et toujours d’adorables chattes qui se traînent dans la maison.

La campagne c’est un art de vivre. Un art qui nécessite de grands moyens.

Cela se vit dès le matin. Le plaisir d’être réveillé par le chant du coq, aussi appelé sonnerie. En fait, à la campagne, on ne dort pas vraiment. On préfère se rouler par terre avec les cochons ou encore se jeter dans la mare pour embêter les canards. L’occasion de découvrir de nouvelles pratiques comme le Bukka ou encore de jouer au Chat. Mais attention à ne pas tomber, cela serait dommage de se prendre un chtar.

A la campagne, on déguste de bonnes recettes préparées avec amour par grand-mère, des sucettes à l’anus mais aussi de bonnes tartiflettes.

Vers 18 heures, on accompagne volontiers papi au bar du coin, on discute avec les anciens, on chante et on danse sur les musiques d’autrefois – dont eux seuls connaissent véritablement les pas. En rentrant, épuisé, on laisse mamie nous endormir en nous racontant une fois de plus la légende des putes enchantées.

Parfois, en se baladant dans les prés, on voit Roxanne là-bas qui monte la garde, qui fait le guet. Pas de balade en forêt cette année, mais des petits cours de gymnastique dans le nouveau gymnase de la ville d’à côté.

Ah, la campagne, c’est plus qu’un mode de vie, c’est un état d’esprit !

Les Yellow SubmARTin

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